Debussy

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Multi artistes - Les 3 sonates & Danses

INDE042

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Danses sacrée et profane pour harpe et cordes (1904)

1 - Danse sacrée 4’47
2 - Danse profane 5’00

3 – Syrinx pour flûte 2’56

Sonate violoncelle et piano (1915)
4 - Prologue 4’29
5 - Sérénade 3’05
6 - Finale 3’32

Sonate pour flûte, alto et harpe (1915)
7 - Pastorale 7’35
8 - Interlude (tempo di minuetto) 6’14
9 - Finale 4’50

Sonate violon et piano (1917)
10 - Allegro vivo 4’51
11 - Intermède (fantasque et léger) 4’18
12 - Finale (très animé) 4’30

Total Time : 56’51


Jérôme PERNOO, violoncelle, cello
Annick ROUSSIN, violon, violin
Pierre-Henri XUEREB, alto, viola
Jean-Louis BEAUMADIER, flûte
Elisabeth RIGOLLET, piano
Fabrice PIERRE, harpe, harp
Ensemble Orchestral La Follia

Enregistré en 1997
Prise de son : Pascal Perrot
Producteur : Jacques Le Calvé

Les trois sonates pour Violoncelle et piano, pour Violon et piano et Flûte, alto et harpe sont les premières pièces d’une suite qui devait en compter six, conformément à la tradition de la Suite française. C’est dans l’esprit des Sonates en trio de François Couperin ou encore les Pièces de clavecin en concert de Rameau que Debussy les compose, c’est-à-dire « dans la forme ancienne, si souple, sans la grandiloquence des Sonates modernes » (lettre de 1915). La maladie ne lui laisse pas achever son projet.

La Sonate pour violoncelle et piano, dans une couleur de ré mineur et en trois mouvements, propose un Prologue élégiaque volontiers diatonique qui contraste avec un mouvement central plus chromatique et fondé sur l’intervalle de triton. Les modes de jeu du violoncelle y sont extrêmement variés et changeants. Ses pizzicati, harmoniques avec pizz., portando, flautendo et jeu sul tasto ne sont pas sans rappeler la guitare. Cette Sérénade, avec ce violoncelle audacieux, fait douter l’auditeur : entend-il un duo ou un trio violoncelle, harpe et guitare ? Le finale s’enchaîne dans un mouvement « Animé. Léger et nerveux » de rondo.

Après l’audition de sa Sonate pour flûte, alto et harpe chez son éditeur Durand, Debussy confie à Robert Godet dans une lettre de 1916 qu’il regrette « la harpe chromatique, qui n’a jamais le poids sonore de la harpe à pédales, mais qui trouve le moyen d’être lourde ».

Cette œuvre rappelle la mélancolie du faune du Prélude. La poésie qui s’en dégage est le fruit de cette combinaison inédite de timbres. De forme tripartite, comme la précédente, elle présente d’abord une Pastorale (dans les couleurs de fa mineur et la b majeur), puis un Interlude dans le tempo du menuet (construit autour du triton fa-si rappelé régulièrement par la flûte) et un Finale, souvenir de la Pastorale. 

Dans sa réponse à son ami musicien, Robert Godet fait part de ses impressions sur cette deuxième sonate. « Cette île [la sonate], baignée d’un élément fluide, […] est tout entière sillonnée d’eaux courantes qui y entretiennent la vie. A mesure que vous l’explorez, vous franchissez tel ou tel de ces fleuves et, sur la rive nouvelle, la joie de la découverte efface ou transforme les souvenirs de l’autre rive. Mais parfois, quelque chose vous fait tourner les yeux en arrière, et il semble que votre Deuxième sonate française est un de ces regards rétrospectifs grâce auquel il n’y a jamais de discontinuité dans le voyage ».

Quant à la Sonate pour violon et piano, elle est composée au printemps 1917. Debussy y tint lui-même le piano avec le violoniste Gérard Poulet lors du concert du 5 mai 1917, dernière apparition en public du compositeur. Bien qu’il s’éloigne de la forme sonate, le premier mouvement s’en rapproche, dans une couleur de sol mineur, déployant deux thèmes qui se combinent dans une coda aux allures de développement terminal. Le second sonne tel un glas.

Dans l’Intermède central, les accents du violon sont volontiers hispanisants. Ce thème expressif est opposé à un autre thème, très rythmique celui-là, comme pour rappeler l’urgence de terminer d’écrire. Ces éléments mélodiques et thématiques se font réentendre dans le Finale, évoquant le principe de la forme cyclique. Ils assurent l’unité de la sonate mais perdent aussi peut-être l’auditeur dans leur enchevêtrement. Ultime œuvre du compositeur, certaines de ses sonorités ne sont pas sans annoncer les aigus grinçants du violon de Chostakovitch. 

***

Les Danses (« Danse sacrée » et « Danse profane ») pour harpe chromatique et ensemble à cordes – ici l’Ensemble à cordes La Follia – sont achevées en 1904. Il s’agit d’une commande de la maison Pleyel dont le directeur, Gustave Lyon a mis au point une harpe sans pédale avec deux plans de cordes croisées. De la sorte, on n’entend plus les bruits occasionnés par l’enfoncement des pédales et les possibilités techniques de l’instrument, telles que l’exécution de traits chromatiques, s’en voient également élargies. 

Néanmoins, le succès de cette harpe ne fut que temporaire. En effet, ainsi qu’il a déjà été souligné à propos de la Sonate pour flûte, alto et harpe, Debussy semble avoir préféré la harpe classique, moins « lourde » que sa petite sœur. 

La composition de ces Danses suit la représentation de Pelléas et Mélisande (1902) et est concomitante de celle d’une de ses pages orchestrales les plus ambitieuses, La Mer. La Danse sacrée a la transparence de ses harmonies modales. Elle commence par un thème très simple en valeurs longues à l’unisson des cordes auquel la harpe répond par une suite d’arpèges. Les harmonies parallèles, le jeu arpégé de la harpe, le raffinement de l’orchestration (des pizzicati qui sertissent la masse sonore aux aigus irisés des cordes pianissimo) revêtent cette œuvre d’une majesté toute antique – l’on pense ici à la lyre d’Orphée – et d’intemporalité. 

La Danse profane, de mètre ternaire, n’est ni plus ni moins qu’une valse tourbillonnante. Le dialogue de la harpe avec les cordes se fait plus capricieux. Les tempi en sont changeants et si la couleur qui domine est ici celle de ré majeur, l’on entend encore des incursions diatoniques dans cette section.

Elsa SIFFERT

Elsa Siffert, musicologue

Doctorante en musicologie, Elsa Siffert réalise une thèse sur l’opéra de Pierre Bartholomée et Henry Bauchau Œdipe sur la route. Elle a suivi les classes préparatoires littéraires aux grandes écoles (Paris, lycée Fénelon, spécialité musique), possède une licence d’allemand et de musicologie et un master de musicologie (mémoire sur Œdipus Rex de Stravinsky et Cocteau), auxquels s’ajoute différents prix de conservatoire (solfège et violon). Son domaine de recherche de prédilection est l’opéra par le prisme du mythe d’une part, et en tant que genre de la rencontre entre les arts d’autre part.

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