Chopin

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Florence Delaage - 24 préludes sur le piano d'Alfred Cortot

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Florence Delaage, la dernière élève du grand Cortot, joue Chopin sur le propre piano Steinway qui appartenait au maître, et qu’il lui a légué.

24 Préludes
Barcarole
Berçause
Fantaisie Polonaise

Total Time 65:40

Disciple privilégiée du grand Alfred Cortot (1877-1962), la pianiste française Florence Delaage avait déjà réalisé en 2010 une très belle et éclectique anthologie (en deux CDs, chez le même éditeur), allant de Bach ("Fantaisie chromatique") à Debussy ("Préludes") et Ravel ("Pavane pour une infante défunte", "Jeux d'eau").
Le présent enregistrement, réalisé au domicile même de la pianiste, sur le propre piano d'Alfred Cortot - que ce dernier lui légua après sa mort - nous offre un florilège très représentatif du génie de Frédéric Chopin (1810-1849).

Contrairement aux "Préludes" (livres I et II) ultérieurement dus à Debussy ou encore à Rachmaninov (opus 23 et 32), les vingt quatre diamants de l'opus 28 Chopinien forment un cycle parfaitement homogène et très difficilement dissociable. En effet, si chacune de ces "humeurs" passionnelles possède intrinsèquement sa vie propre et peut en quelque-sorte se suffire à soi-même, il est un fait certain que les vingt quatre pièces demeurent irrémédiablement reliées par un "cordon d'argent", certes invisible mais bien réel. Chopin y utilise d'ailleurs la méthode analogique de complémentarité et, à cet égard, l'ultime "Prélude" de cet opus est bel et bien la réponse sonnant le glas du bouillant questionnement du huitième, dont le lancinant appel résonnait encore dans le dix-huitième... On pourrait ainsi multiplier les exemples puis se référer à l’ordre des enchaînements de tonalités successives - qui ne doivent rien au hasard - mais nous préférons laisser le soin à l'auditeur de découvrir par lui-même le détail des raffinements de l’architecture du "Maître de Nohant"...
Si la comparaison peut paraître musicologiquement étonnante, voire incongrue pour certains, il n'en reste pas moins vrai que c'est bel et bien du "Carnaval opus 9" de Schumann que l'on doit rapprocher "l'Esprit cyclique" de ces Préludes, uniques dans les annales pianistiques et qui influenceront profondément Debussy, plus particulièrement dans sa manière d'utiliser l'instrument à certaines fins expressives que l'on définira plus tard comme "impressionnistes".
S'il existe une abondante discographie des Préludes opus 28, l'interprétation de Florence Delaage offre une dimension musicale et humaine parfaitement fidèles au style Chopinien - et, bien entendu, à l'Art de Cortot.
Certes, les basses chaudes et profondes du piano Steinway offert par Cortot à Florence Delaage n'y sont pas pour rien mais c'est tout à l'honneur de la pianiste d'avoir su préserver ce naturel souverain et cette sincérité dans l'interprétation qui sont l'apanage des véritables interprètes et nous transportent avec bonheur dans une époque presque lointaine où "interpréter" signifiait encore "re-créer"... Car, certes passionnel, le jeu de Chopin (tout comme son écriture pianistique en témoigne également) n'était jamais démonstratif et la "technique" n'était qu'un "moyen" et non une "fin", un outil et point un but en soi. Florence Delaage rend pleinement justice à cette époque dorée du piano où l'expression était tout.

La "Berceuse" (en Ré bémol majeur) opus 57, ainsi que la "Barcarolle" (en Fa dièse majeur) opus 60, sont parmi les dernières Oeuvres composées par le Maître avant sa mort en 1849, des suites d'une incurable tuberculose.
Certains - beaucoup - y voient une sorte de "testament" de Chopin, marquant à la fois une rupture avec son style habituel et une sorte d'adieu à notre monde, sans doute influencés en cela par les numéros tardifs de leurs opus et leur date de composition. Cependant, nous ne partageons nullement cet avis et n'y voyons, pour notre part, qu'une logique continuité dans son Oeuvre, sans doute même beaucoup moins "révolutionnaire" que le Septième Nocturne ou encore la Troisième Sonate, en Si mineur, composés bien auparavant.

Si une Oeuvre et une seule devait servir de "testament" Chopinien, ce serait sans aucun doute la "Polonaise-Fantaisie" opus 61 - opus qui, rappelons-le, suit immédiatement celui de la "Barcarolle". En effet, cette pièce impressionnante, qui n'a plus de commun avec le cycle des "Polonaises" que le nom, nous offre un éclairage totalement inédit sur l'Art et l'inspiration du Polonais.
Sur le plan structurel, d'abord, Chopin ne nous avait guère habitués jusque là à ces fréquentes brisures rythmiques, à ces récitatifs contemplatifs, plus proches dans leur essence même de l'Esprit architectural d'un Franz Liszt que des idiosyncrasies de son langage pianistique usuel.
Ici, chaque silence "parle", chante et médite à la fois, plus encore peut-être que les notes elles-mêmes. Sous l'apparence d'une "quasi-improvisation" - le terme de "Polonaise-Fantaisie" suggérant d'ailleurs intrinsèquement l'idée d'une liberté (formelle et musicale) plus grande et inaccoutumée - nous découvrons un tout autre univers, plus calme, plus contemplatif et enfin détaché des passions humaines... Chopin, au seuil de "La Grande Porte", "voit" avec l'Esprit, chante avec l'Ame et "peint" en musique ce qu'il entend - et sans doute ce qu'il voit.
Pour Florence Delaage (qui adore cette Oeuvre et l'a jouée des centaines de fois) comme pour nous-mêmes, il s'agit là du véritable aboutissement, du point -presque - final du "testament sonore" infini que le malheureux génie, confit dans sa souffrance et reclus dans sa peine, aura offert à notre humanité si souvent aveugle... pour lui ouvrir les yeux.

Stéphane BLET
Paris, 24 janvier 2011

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