Granados, Piazzolla, scarlatti

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Duo Résonances

CAL1317

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Les œuvres de ce disque sont des récits de voyages, réels ou imaginaires, dont l’Espagne est le cœur. Le Duo Resonances les interprète avec  leurs magnifiques qualités : musicalité, virtuosité, originalité dans le choix du répertoire et, par-dessus tout, la grande complicité artistique qui les unit et qui s’entend dans chacune de leurs interprétations.

Le Duo Resonances – Frédérique Luzy & Pierre Bibault – est un duo de guitares français établi à Bruxelles, qui a remporté plusieurs Prix de Concours Internationaux : Olsztyn - Pologne (2010), Fondation Bellan - Paris (2011), Luigi Mozzani - Italie (2011) et un 1er Prix au Concours International de Musique de Chambre de Montalto - Italie (2011).

Les deux musiciens se produisent sur de nombreuses scènes internationales - Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, France, Italie, Maroc, Pays-Bas, Pologne, Suède, Suisse, Ukraine - dans de prestigieuses salles telles que les Philharmoniques de Lviv, de Khmelnitskie et le Musée de Vinnitsa (Ukraine), la Cathédrale et le Musée d’Art Contemporain de Liège, la Tyska Kyrkan de Stockholm, la Chapelle Bon-Pasteur de Québec, ou encore Flagey, ancienne Maison de la Radio Nationale de Belgique à Bruxelles. 

Le duo a partagé l’affiche de nombreux festivals avec des artistes de grande renommée tels qu’Anne Sofie von Otter, Odaïr Assad, Zoran Dukic, l’Ensemble Itinéraire, et a joué pour la télévision Québécoise ou encore Radio 4, la Radio Classique Nationale Néerlandaise. 

Sollicités par les compositeurs actuels, Frédérique Luzy et Pierre Bibault s’attachent tout particulièrement à enrichir le répertoire pour deux guitares en s’orientant vers la création. Au programme, on retrouve également leurs transcriptions originales et inédites (Alberto Ginastera, Enrique Granados, Domenico Scarlatti), largement saluées par le public et les professionnels.

Leur curiosité les amène à collaborer avec le monde artistique au sein de projets novateurs qui portent leur musique au-delà des salles de concert. Cette richesse et cette ouverture d’esprit valent au Duo Resonances d’être reconnu par le Service de la Diffusion Culturelle du Ministère de la Communauté Française de Belgique, dans le cadre des Tournées Art et Vie. 

Dans ce premier disque, ils livrent une vision personnelle et subtile d’un programme intelligent et brillamment interprété, qui plonge l’auditeur au cœur des musiques et des danses d’Espagne et d’Argentine.

 

Duo Resonances - Frédérique Luzy & Pierre Bibault

Guitares Jim Redgate, Australie (2007), cordes D’Addario et Pyramid

www.duoresonances.com

contact@duoresonances.com


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    Granados, Piazzolla, scarlatti

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    Duo Résonances

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    L

    es œuvres de ce disque sont des récits de voyages, réels ou imaginaires, dont l’Espagne est le cœur. 

    Compositeur de l’époque baroque, Domenico Scarlatti s’installe à Madrid, après des succès napolitains et un détour par la cour du roi du Portugal. Professeur de l’Infante, il la suit quand elle devient reine d’Espagne, prenant possession d’une cour dont il ne s’éloignera plus guère. 

    Un siècle plus tard, Enrique Granados puis Federico Mompou empruntent un trajet presque inverse. Après leurs premières études musicales, ils quittent Barcelone pour Paris, capitale des arts, où ils fréquentent les plus célèbres compositeurs français… et espagnols ! Mompou y reste vingt ans avant de retourner dans sa ville natale à l’approche de la cinquantaine et y vivre près d’un demi-siècle. La vie de Granados est plus brève. En 1916, le compositeur de quarante-huit ans part à New York pour assister au triomphe de son opéra Goyescas. En pleine gloire, il est ensuite invité à donner un concert à la Maison-Blanche. Mais, au retour, alors que son bateau approche des côtes françaises, il est torpillé par un sous-marin allemand. 

    Pour Ginastera et Piazzolla, le voyage a commencé avant même leur naissance. Tous deux Argentins, ils sont nés, le premier d’un père catalan et d’une mère italienne, le second de parents d’origine italienne. Ils reçoivent une première éducation en partie tournée vers l’Europe, l’Espagne en particulier. Alberto Ginastera la complète à New York auprès de Copland avant de revenir composer et enseigner en Argentine. Parmi ses nombreux élèves, le plus célèbre est Astor Piazzolla qui travaille cinq ans sous sa direction avant de remporter une bourse pour étudier à Fontainebleau avec Nadia Boulanger.

     

    Pour autant, l’Espagne est diversement présente dans leurs œuvres. Celles de Scarlatti portent essentiellement la marque du style baroque décliné dans l’Europe de son temps. On y retrouve le goût pour les danses en vogue – proche de la gigue (K 9), de la marche (K 308) et du passepied (K 430) – toutes avec leur coupe binaire à reprises, leur modulation typique en fin de première partie et le retour au ton principal pour finir. On peut en dire presque autant des Valses poeticos de Granados, dont le caractère est certes redevable à une influence espagnole mais tout autant à la douceur des salons et au Romantisme du XIXe siècle. 

    Toute autre est l’esthétique de Mompou, attiré par les mélodies populaires qu’il cite parfois ou réinvente librement. Dans Cançons i Danses, la forme et le style reprennent l’alternance populaire de mélopées mélancoliques préludant à des danses plus vives. D’une manière souvent radicale, le compositeur renonce aux éléments romantiques au profit de ceux issus du folklore : absence de développement, de modulation même, et concentration sur l’expressivité de la ligne mélodique et du mode dans lequel elle est énoncée. 

    À l’opposé, le langage de Ginastera ne refuse ni le chromatisme ni la richesse des harmonies pour créer une des musiques les plus représentatives de l’Amérique du Sud. Considéré comme l’un des compositeurs les plus importants de sa génération, il garde dans sa Suite de Danzas Criollas les particularités musicales sud-américaines – bien audibles dans le feu d’artifice sonore final – tout en leur adjoignant une technique héritée de la tradition européenne. 

    Il en va de même pour Piazzolla, dont la destinée rejoint celle de tout le tango argentin, danse des bas-quartiers acceptée par la bonne société argentine seulement après avoir été adoptée et, en quelque sorte, adoubée, par Paris. À son arrivée chez Nadia Boulanger, décidé à se débarrasser de ses influences populaires, Piazzolla ne montre à la grande pédagogue que ses pièces d’inspiration savante : « Un jour, Nadia Boulanger me dit enfin que tout ce que je lui avais montré était bien écrit, mais qu’elle n’en trouvait point l’esprit. Elle me demanda quel genre de musique je jouais dans mon pays ». Piazzolla n’avoue ce « passé » soigneusement caché de tanguero que deux jours plus tard : « Nadia me regarda dans les yeux et me demanda de lui jouer un de mes tangos […] Alors, j’ai commencé avec Triunfal. Je crois que je ne suis pas arrivé à la moitié. Nadia m’arrêta, me prit les mains et […] me dit : « Astor, cela est beau, j’aime beaucoup, voilà le vrai Piazzolla, ne l’abandonnez jamais. » Et ce fut la grande révélation de ma vie. » Sa Tango Suite, d’une ahurissante difficulté, montre à la fois sa grande maitrise instrumentale – apprise chez Ginastera – et la liberté aventureuse de son écriture. 

     

    C

    ette suite est la seule pièce directement écrite pour duo de guitares. Les autres œuvres de ce disque sont des transcriptions, presque toutes de Frédérique Luzy et Pierre Bibault eux-mêmes, et c’est une des belles surprises de leur premier enregistrement que de découvrir le soin et le talent qu’ils y montrent. Transcrire n’est pas copier, on doit nécessairement tenir compte du nouvel instrument, transposer parfois pour trouver la meilleure tonalité. Le Duo Resonances le fait avec une grande habileté, utilisant au bon endroit toutes les ressources de la guitare. Leur son ample se fait plus grinçant lorsqu’ils jouent près du chevalet, violent dans le rasguedo – accords souvent rageurs dans la musique espagnole – ou délicat et éthéré dans les mélodies ou les accords joués en harmoniques. Les sortilèges de la virtuosité sont au service de l’expression dans ces choix nullement gratuits et redoutablement arrangés : les mélanges d’harmoniques naturelles et artificielles dans les accords produisent un éventail de couleurs tout à fait éblouissant, encore enrichi des possibilités de scordatura – les différentes manières d’accorder les instruments, généralement pour en étendre la tessiture vers le grave. 

    Le dernier voyage dont nous entendons le résultat est celui du Duo Resonances lui-même. Non les voyages réels qui les ont conduits à donner de nombreux concerts à travers l’Europe et au-delà, mais ce lent voyage intérieur qui leur a permis d’approfondir leurs magnifiques qualités : musicalité, virtuosité, originalité dans le choix du répertoire et, par-dessus tout, la grande complicité artistique qui les unit et qui s’entend dans chacune de leurs interprétations.

     

    Philippe Cathé