Buarque, Mancini, Jobim

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Buarque, Mancini, Jobim

Les sales caractères - Baroque à Bossa

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Imaginez d’associer sur un même disque la musique baroque italienne du XVIIIe siècle à la Bossa Nova… 

C’est le projet audacieux de l’ensemble Les Sales Caractères. Le contraste entre les sentiments de joie et de souffrance provoqués par l’amour,  sujet de prédilection des compositeurs et poètes de toutes époques, lui sert de fil conducteur. À travers l’album « Baroque à Bossa », on s’immerge dans une atmosphère inoubliable, entre bel canto et saudade.

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    Buarque, Mancini, Jobim

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    Les sales caractères - Baroque à Bossa

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    Les Sales Caractères

     

    Christophe Laporte, contre-ténor, se perfectionne de 1995 à 1997 au Studio Baroque de Versailles et remporte, en 1997, le 3ème prix Hommes du Concours International d’Opéra de Marseille. Il se produit et enregistre avec les plus grands ensembles baroques (Accentus, Akadèmia, l’Akademie für alte Musik-Berlin, Les Arts Florissants, A Sei Voci, La Chapelle Rhénane, Le Concerto Vocale, Le Concert Spirituel, L’Ensemble William Byrd, Le Lachrimae Consort, Le Parlement de Musique, la Simphonie du Marais, Ludus Modalis, XVIII-21 Le Baroque Nomade...) Il s’intéresse au répertoire du XXe siècle et à la création contemporaine. Il collabore régulièrement avec le compositeur N. Frize. 

     

    Rodrigo Calveyra, brésilien né à Porto Alegre, remporte plusieurs concours internationaux de flûte à bec au Brésil. En 1996, il est reçu dans la classe de C. Steinmann à la Schola Cantorum Basiliensis (Suisse) où il obtient, en 2000, le diplôme de soliste. En 1998 et 1999, il se perfectionne dans la musique médiévale à la Civica Scuola di Musica di Milano, auprès de P. Memelsdorff. Il a participé à plusieurs enregistrements avec divers ensembles, dont le Kammerorchester Basel, Clematis et la Capella Mediterranea. Au sein de son ensemble Instrumentarium, il s’est produit avec M. Kraemer, J. M. Quintana, M. C. Kiehr et V. Torres.

     

    Marie Labrousse obtient son diplôme de clavecin du CNSM de Lyon en 2000. Parallèlement, elle travaille sous l’orientation de P. Hantaï et B. Verlet et se perfectionne dans la pratique de la basse continue auprès de J. Christensen à la Schola Cantorum Basiliensis (Suisse). Elle se produit dans divers ensembles, a participé au disque « Charmes » du compositeur actuel J. Lenot et travaille régulièrement en collaboration avec le musée de la Cité de la Musique de Paris. Titulaire du Certificat d’Aptitude aux fonctions de professeur de musique, elle enseigne le clavecin aux Conservatoires de Chaumont, de Garches et de Franconville.

     

    Ronaldo Lopes, né au Brésil, s’initie au luth dans son pays natal et poursuit sa formation auprès d’E. Ferré au CNSM de Lyon, obtenant son diplôme en 2001. Il est titulaire d’une Maîtrise en musicologie et du Certificat d’Aptitude aux fonctions de professeur de musique. Il se produit et enregistre au sein de plusieurs ensembles tels que L’Orchestre Baroque de Montauban, Sagittarius et Gli Incogniti. Ronaldo Lopes enseigne le luth, l’improvisation et la basse continue au Conservatoire de Meaux et à l’École Supérieure de Musique de Porto (Portugal).

    Le programme de ce disque associe la musique baroque italienne du début du XVIIIe siècle à la musique brésilienne populaire des années 1950 à 80, communément appelée Bossa Nova. Le contraste entre les sentiments de joie et de souffrance provoqués par l’amour, sujet de prédilection des compositeurs et poètes de toutes époques, lui sert de fil conducteur.

    On passe aisément d’un style à l’autre, mettant en avant la technique de l’acciacatura et l’art du rubato. L’acciacatura, ajout harmonique préconisé dans l’accompagnement de la musique italienne dans les années 1700, donne aux enchaînements d’accords des sonorités semblables à celles que l’on retrouve dans la Bossa Nova. Le rubato, liberté rythmique du chant face à la rigueur de l’accompagnement, est un procédé d’interprétation commun aux deux esthétiques, un trait stylistique qui les rapproche davantage. Enfin, ces musiques ont toutes deux la caractéristique d’être notées de façon succincte ; elles ne peuvent être jouées en l’état, elles ont besoin d’instrumentation, d’arrangement et d’ornementation pour pouvoir exister.

    Toutes ces ressemblances ont motivé et réuni Les Sales Caractères autour du projet « Baroque à Bossa » et donnent à cet album une couleur très singulière.

     

     

    La musique italienne

     

    Les trois cantates baroques choisies pour ce programme sont issues des fonds de la bibliothèque

    du Conservatorio di musica S. Pietro a Majella de Naples. Au coeur de la Méditerranée, cette ville

    jouit d’une exceptionnelle richesse musicale au XVIIIe siècle. En effet, elle voit naître d’illustres musiciens tels que Francesco Mancini (1672-1737) et Nicola Porpora (1686-1768). Ce dernier, dans les années 1715, crée une école de chant où sont formés les plus grands castrats de l’époque, parmi lesquels Farinelli et Caffarelli. À Naples, Francesco Geminiani (1687-1762) occupe

    la fonction de directeur de l’opéra de 1711 à 1714 ; Francesco Durante (1684-1755), Giovanni Battista Pergolesi (1710-1736) et Alessandro Scarlatti (1660-1725), entre autres, y séjournent longuement, ce dernier en particulier pendant 27 ans, en tant que maître de chapelle du vice-roi.Tous participent, par leur œuvre ou leur influence sur leurs contemporains, à la constitution d’un riche et vaste patrimoine musical, encore peu exploité aujourd’hui.

     

    L’air de la cantate italienne du XVIIIe siècle présente généralement un plan en deux mouvements,

    dont le premier est repris (portant l’indication Da Capo). Cette reprise de la première partie offre au chanteur, ou à l’instrumentiste jouant le dessus, le loisir d’orner et varier la mélodie, en particulier

    dans un tempo lent. La première partie est légèrement ornée, la reprise de cette première partie est, elle, abondamment ornée et variée. Suivant cette même idée, les accords de l’accompagnement

    se doivent aussi d’être ornés, et cela s’effectue non seulement au moyen d’ornements communs, tels que les trilles et les pincés, mais également avec des notes étrangères ajoutées aux larges accords. Décrites avec précision dans le traité de Francesco Gasparini intitulé « L’Armonico pratico al cembalo », édité en 1722, ces notes ajoutées, nommées acciacatura ou mordente, sont par exemple l’ajout de la note sensible dans un accord de tonique ou de la note tonique dans un accord de dominante.

    La liberté rythmique du chant, face à la rigueur de l’accompagnement, constitue le second point caractéristique de la musique italienne du XVIIIe siècle. Ce procédé, appelé rubato (dérobé, en italien), produit de légers décalages entre le chant et l’accompagnement. Le castrat italien Pier Francesco Tosi, dans son petit ouvrage « Opinioni de’ cantori antichi e moderni (...) » édité en 1723, tente de décrire cette pratique et déclare, au sujet des ornementations, que pour « réjouir l’esprit » elles doivent être exécutées « rubato ».

    Les cantates « Quanto dolce è quell’ardore » et « Se pur fosse il cor capace » sont représentatives de cette esthétique. La cantate « Marte, Amore, guerra e pace » expose, elle, une forme en six parties, (quatre airs courts avec reprise, et deux récitatifs), ce qui lui confère une grande dynamique. Elle présente aussi la spécificité d’être écrite sur un texte en dialecte napolitain, révélant une sonorité vocale très particulière.

     

     

    La Bossa Nova

     

    Mené principalement par la jeunesse bourgeoise des quartiers aisés du sud de la ville de Rio de Janeiro, un courant musical novateur naît au Brésil dans les années 1950 : la Bossa Nova. Cette

    « nouvelle mode » introduit des éléments du Jazz nord-américain dans la musique populaire alors

    en vogue au Brésil, le Samba (en portugais, Samba est masculin !). L’alliance des harmonies sophistiquées du Jazz et de la rythmique syncopée du Samba, associée à une volonté manifeste

    de tout moderniser - des mélodies aux paroles des chansons - génère un mouvement qui ne cesse d’évoluer au long de trois décennies, contribuant de façon décisive à transformer le panorama de

    la musique populaire brésilienne. Les chansons spécialement arrangées pour ce programme ont pour auteurs Tom Jobim, un des précurseurs du courant Bossa Nova, et deux de ses plus célèbres

    héritiers : Chico Buarque et Luis Bonfá.

     

    Les arrangements proposés par Ronaldo Lopes sont à la fois imprégnés de sa culture d’origine et 

    influencés par ses connaissances en écriture musicale ancienne. Parfois, certaines tournures mélodiques rappellent subtilement la musique baroque.

    1Manhã de carnaval de Luiz Bonfá (1922-2001) et Antônio Maria (1921-1964)

    (chant, archiluth) - Arrangement et prélude : R. Lopes4’31

     

    Quanto dolce è quell’ ardore de Francesco Mancini (1672-1737)

    (chant, flûte à bec, théorbe, clavecin)

    2  Largo 8’34

    3Recitativo 0’46

    4Allegro3’55

     

    5Samba e amor de Chico Buarque (1944-…)

    (chant, cornet à bouquin, théorbe, clavecin) - Arrangement : R. Lopes, prélude : M. Labrousse3’51

     

    6Bastidores de Chico Buarque

    (chant, flûte à bec, théorbe, clavecin) - Arrangement : R. Lopes 3’27

     

    Marte, Amore, guerra e pace d’un anonyme napolitain (XVIIIe siècle)

    (chant, flûte à bec, archiluth, clavecin) 

    7Allegro - Largo 2’23

    8Recitativo 0’18

    9Allegro 2’00

    10Recitativo 0’22

    11Presto 1’05 

    12 Andante 2’59

     

    13Pedaço de mim de Chico Buarque

    (chant, cornet muet, théorbe, clavecin) - Arrangement : R. Lopes3’40

     

    14Todo o sentimento de Chico Buarque et Cristovão Bastos (XXe siècle -...)

    (chant, clavecin) - Arrangement : M. Labrousse2’26

     

    Se pur fosse il cor capace de Domenico Sarro (1679-1744)

    (chant, flûte à bec, théorbe, clavecin)

    15Arioso6’10

    16Recitativo 0’19

    17Andante 3’21

     

    18Chega de saudade de Tom Jobim (1927-1994) et Vinícius de Moraes (1913-1980)

    (chant, flûte à bec, théorbe, clavecin) - Arrangement : R. Lopes, prélude : R. Calveyra 3’24