Françaix

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Multi artistes - Le Gay Paris - Divertissement & Sonates

INDE045

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Jean Françaix incarnait, avec une sorte de perfection, toutes les qualités que l’on se complaît à reconnaître à nos compatriotes. La grâce et l’humour, la clarté et la pudeur, la tendresse et l’intelligence. Il se voulait le continuateur d’une lignée qui, après Debussy et Ravel, ne s’encombre point de partis-pris ni d’avant-gardisme. Le mot qui défi nit le mieux sa musique : le bonheur.

Jean Françaix est né en 1912 au Mans, dans une famille où la musique occupait déjà une place très importante. Sa mère était chanteuse et professeur de chant au conservatoire du Mans, institution que dirigeait son père Alfred, en plus de ses occupations de pianiste et de compositeur. D’abord enseignés par ses parents, le piano et la composition furent les deux disciplines dans lesquelles les talents de Jean Françaix furent très vite révélés. En 1922, sa première composition, Pour Jacqueline, fut envoyée aux éditions Sénart, qui recommandèrent l’enfant à Nadia Boulanger, alors professeur au prestigieux conservatoire de Paris. Elle remarqua immédiatement ses dons – « l’harmonie, […] il est né en la sachant » dira-t-elle, et resta longtemps proche de Jean Françaix, dirigeant par exemple plusieurs de ses créations. Parallèlement, celui-ci étudia le piano dans la classe d’Isidore Philipp, où il obtint en 1930 le premier prix. Il fut régulièrement salué pour son jeu en soliste ainsi qu’en formation de chambre, tout particulièrement lors de l’interprétation de ses propres œuvres. Encouragé dès 1923 par Maurice Ravel qui souligna sa grande curiosité, il fut véritablement reconnu à partir des années 30, notamment grâce au succès de son Concertino pour piano, que le critique musical allemand Heinrich Strobel compara à « de l’eau pure qui jaillissait de sa source avec la spontanéité gracieuse de tout ce qui est naturel ». 

Disparu en 1997 à l’âge de 85 ans, Jean Françaix à traversé le XXe siècle en restant fidèle à l’esprit qui anime ses premières œuvres. A mille lieues des innovations avant-gardistes de la seconde école de Vienne et des compositeurs sériels, sa musique puise dans un néo-classicisme de l’entre-deux guerres proche du « groupe des six ». Recherchant l’élégance et la légèreté, Jean Françaix tente de poursuivre une tradition de musique française allant de Camille Saint-Saëns à Emmanuel Chabrier. Francis Poulenc indique d’ailleurs dans une lettre informant André Schaeffner de la situation musicale parisienne sous l’occupation, qu’il est avec Olivier Messiaen un compositeur à suivre. Remarquable en homogénéité, son catalogue de plus de 150 œuvres comprend à peu près tous les genres : de la musique de scène souvent « sérieuse », avec par exemple les ballets Les demoiselles de la nuit, Les camélias, l’opéra La princesse de Clève, ou son oratorio L’Apocalypse selon Saint-Jean qu’il considérait comme l’œuvre de sa vie ; des musiques de « circonstance », comme celles écrites pour les filmes Napoléon ou Si Paris nous était conté de Sacha Guitry ; et bien sûr de la musique « pure », sûrement la plus représentative du style de Jean Françaix. C’est en effet dans ce dernier domaine, le plus important en nombre d’œuvres, que son esthétique semble la plus authentique, reflétant au mieux une musique faite pour un « plaisir immédiat », qui évite toute réflexion sur ses moyens risquant d’ennuyer l’auditeur. On trouve chez Jean Françaix une volonté de simplicité, raffinée dans la construction comme dans l’écriture, avec une évocation récurrente du style galant du XVIIIe siècle. De nombreuses œuvres se présentent sous la forme de suites de danses françaises ou de petites « pièces de genre » issues de cette époque. De même, l’humour qui peut se dégager de certains passages, s’il rappelle l’ironie du « groupe des six », fait directement écho à Joseph Haydn, auquel les Onze variations sur un thème de Haydn rendent explicitement hommage.

La large place accordée en 2012 à Debussy (également et justement salué chez Indésens par trois coffrets INDE040, 41 et 42), tombe mal pour la musique de Françaix. Cette année est aussi celle de la naissance de ce grand oublié des médias et programmations, qui fût pourtant reconnu à l’étranger et par les plus grands chefs du temps : Ozawa, Paray, Karajan, Ansermet, Munch, Ormandy.
Sur cet album nous présentons des œuvres très rares au disque comme le Gai Paris, le Divertimento pour flûte et piano, ou la Sonatine pour trompette et piano. Pour rendre complet ce portrait de Françaix, nous rééditons, sur cet album, le concerto pour clarinette et orchestre enregistré en 1992 sous la direction du compositeur, et illustré d’une lettre manuscrite adressée à son interprète Philippe Cuper.

Pour célébrer une nouvelle fois Jean Françaix, dans le sillage du triple coffret INDE043 paru plus tôt en cette année 2012, nous avons réuni les plus brillants solistes à vents français actuels dont Eric Aubier, Vincent Lucas, Nicolas Prioste et Philippe Cuper, et des ensembles à vents constitués de solistes des grandes phalanges parisiennes : Orchestre de paris, Opéra de Paris, Orchestre National de France, le pianiste Laurent Wagschal (et Jean Françaix lui-même, sur deux rééditions). 


Le Gay Paris, orthographié ainsi en référence au vieux français, s’apparente à une vision d’un Paris « belle époque », habité par la bonne humeur et la joie de vivre, que pourraient en avoir des visiteurs étrangers. Pour le compositeur, c’est « Paris sous l’angle des Folies-Bergères, et non de la Sainte-Chapelle. C’est Toulouse Lautrec, et non Charles Péguy. ». Anticipant ses futurs critiques, Françaix ajoute « qu’on ne peut pas être toujours sérieux, et que, comme le dit Rabelais, le Rire est le propre de l’Homme ».
Composée en 1975 puis créée aussitôt par l’Ensemble à vents de Klaus Schöll qui la commanda, cette œuvre met en scène une trompette soliste, non sans rappeler le Septuor de Saint-Saëns, entourée d’un nonette à vent. Issue de la petite harmonie, cette formation originale est augmentée d’une partie de contrebasson qui ajoute à la richesse de son timbre, et sonne comme un petit orchestre de solistes. 
En donnant le titre de cette œuvre à cet album, nous espérons rendre hommage à la gaieté simple et à la spontanéité toujours heureuse qui se dégage de la musique de Jean Françaix. Nul instrument, mieux que les vents, ne peut illustrer le caractère pétillant, et coloré d’une « musique champagne », que le catalogue indésens records s’attache à mettre en lumière.

Le Concerto pour clarinette et orchestre fut composé en 1967/68 et dédié à Fernand Oubradous, bassoniste et chef d’orchestre. Il fut créé le 30 Juillet 1968 par le célèbre clarinettiste Jacques Lancelot qui en fit également le premier enregistrement, malheureusement aujourd’hui perdu. La version proposée ici est le premier enregistrement moderne, par le soliste Philippe Cuper auquel le compositeur fit la dédicace suivante : « A Philippe Cuper, mon magnifique interprète… Avec toute mon admirative reconnaissance et mes excuses pour ce concerto diabolique ! Jamais, je n’ai entendu pareil feu d’artifice sur une clarinette ! Et aussi, pareils pianissimi veloutés, c’est le rêve ! Rêve, je crois, très bien réalisé à l’aide d’un orchestre jeune et enthousiaste… ».
Laissons encore à Jean Françaix le soin de présenter son œuvre : « Ce concerto est, du moins je l’espère, amusant à écouter. Mais le jouer est une autre affaire. Il se présente comme un meeting aérien auriculaire, avec loopings, virage sur l’aile et piqués assez terrifiants pour le soliste, qui doit avoir le cœur bien accroché et quelques milliers d’heures de vol derrière lui. On peut dire que rien ne lui aura été épargné, pas même dans le mouvement lent, des longueurs de respirations charmeuses, certes, mais redoutables. Un peu, pour continuer nos évocations aéronautiques, comme un vol à voile qui serait toujours à la limite de la perte de vitesse. Pour finir, le pilote remet en route ses moteurs rugissants, tout en demeurant désinvolte jusqu’à troquer sa casquette d’uniforme contre la perruque tournante du clown… ».

Le Divertimento pour flûte et piano (1953), la Sonatine pour trompette et piano (1952) – qui aurait pu s’appeler « divertimento », ainsi que le Divertimento pour basson et quintette à cordes (1942) illustrent parfaitement le goût de Jean Françaix pour les instruments à vents, ainsi que son style emprunt d’un néo-classicisme à la française proche de Poulenc. L’appellation « divertimento » que l’on trouve à diverses époques de la carrière du compositeur est tout-à-fait fidèle à ce genre léger apparu au XVIIIe siècle, généralement destinée à un ensemble de solistes, très représenté par Mozart, Haydn et Boccherini. S’il n’a pas de forme précisément défini, au contraire de la sonate ou de la symphonie, le « divertimento » se présente souvent comme une suite de danses, héritière des suites baroques. 
Si seuls le Divertimento pour flûte et piano et la Sonatine pour trompette et piano illustrent ce principe, le Divertimento pour basson et quintette à cordes possède tout autant que les deux autres les traits caractéristiques du style de Jean Françaix, avec un véritable dialogue concertant ininterrompu entre le soliste et l’accompagnement, un travail rythmique aventureux, et ses nombreuses envolées chromatiques marquant les articulations.
Notons que l’Association Jean Françaix vient de découvrir une œuvre inédite de 1950 utilisant un matériau identique à celui de la sonatine, mais destinée à un « orchestre à plectres » et dans des tempi beaucoup plus lents.

Les Cinq danses exotiques pour saxophone et piano sont une transcription faite en 1961 des d’une partie des Huit danses exotiques pour deux piano de 1957. Bénéficiant d’un grand succès, elles sont parmi les plus jouées du catalogue du compositeur, ces pièces ont également été arrangées en 1981 pour un ensemble de onze instruments à vents et percussions. 
Il semble que l’intérêt de Françaix pour ces danses concerne surtout l’aspect rythmique, tant celui-ci prime sur l’harmonie et la mélodie, généralement réduites à l’essentiel. D’ailleurs, seuls les ostinatos de rythme rattachent ces pièces aux danses auxquelles elles font référence.
Le dialogue entre le soliste et l’accompagnement est ici moins présent que dans la plupart des œuvres du compositeur, le saxophone restant constamment au premier plan alors que le piano se contente de plaquer des accords sur des ostinati rythmiques souvent complexes. 

Le Thème et variations pour clarinette et piano fut écrit un concours au Conservatoire Supérieur de Musique de Paris, sur demande d’Ulysse Delecluse, alors professeur de clarinette, désireux de donner à la clarinette en La, moins agile que celle en Si bémol, une œuvre virtuose, utilisant notamment une tessiture allant jusqu’aux « cîmes stratosphériques » dont elle a peu l’habitude. Toutefois, il est maintenant tout-à-fait possible de la jouer sur une clarinette en Si bémol.

Les premières notes du thème rendent hommage au petit-fils du compositeur, en s’articulant autour des trois syllabes « O-li-vier », variées et transformées à chacune des six variations.
Au contraire des interprétations de concours, le compositeur était très attaché à ne pas jouer l’œuvre trop vite. Nous proposons justement ici la version enregistrée en 1974 pour laquelle Jean Françaix lui-même tient le piano, ayant ainsi valeur de cadre pour les générations futures. 
Dimitri Kerdilès (c) indésens 2012

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