Bartok

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Jan Talich, Agnès Pyka - 44 duos pour violon, Sz. 98

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Destinés à s’insérer dans une méthode de violon, les Duos pour violon de Bartók dépassèrent largement les espérances de leur commanditaire. Ces merveilleuses miniatures imprégnées de musique populaire sont rendues magnifiquement par les archets de Jan Talich et Agnès Pyka.

Béla Bartók (1881-1945)
Quarante-quatre Duos pour deux violons

Infatigable collecteur et observateur du folklore musical d’Europe central, Béla Bartók réalisa de multiples arrangements de chants et de danses populaires. Ces pages souvent méconnues forment un pan indispensable à la compréhension d’œuvres plus ambitieuses : en s’appropriant ainsi la musique des paysans hongrois, roumains ou slovaques sous la forme de ces pages modestes, Bartók nourrit et renouvelle son style. Les enseignements retirés de cet exercice s’appliqueront ensuite au sein des partitions les plus élaborées, d’une manière parfois ostensible, mais le plus souvent à un niveau plus secret, plus intime de l’écriture. Parfois, ces arrangements se doublent d’une vocation pédagogique. Tel est le cas notamment du cycle pour piano Pour les enfants [Gyermekeknek] (1908-1910), qui emprunte des airs hongrois et slovaques, ou encore des Quarante-quatre Duos pour violon (1931), où se mêlent des airs issus des folklores hongrois, slovaque et roumain, mais également ruthénien (n° 10), serbe (n° 39), ukrainien (nos 16 et 24) et même arabe (n° 42). Car telle est une différence fondamentale entre Bartók et son ami Zoltán Kodály : tandis que l’auteur du Psalmus hungaricus passa sa vie à promouvoir la musique populaire hongroise, Bartók diversifia très tôt ses sources d’approvisionnement, non seulement pour élargir son champ d’expériences sonores et faire progresser son propre langage, mais aussi dans la quête idéale d’une musique universelle et dans l’espoir d’une fraternisation entre ces peuples dont les aléas de l’histoire avaient exacerbé les antagonismes.
L’idée de ces duos revient à Erich Doflein, un pédagogue trentenaire établi à Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), qui préparait avec son épouse Elma Axenfeld une méthode de violon. Agacé par l’insipidité des morceaux qui garnissent souvent ce genre d’ouvrages pédagogiques, il passa commande à des compositeurs reconnus. Les premières pièces envoyées par Bartók, en mai 1931, lui semblèrent trop difficiles ; il sollicita l’écriture de nouveaux morceaux à l’intention d’élèves moins avancés, voire débutants. De fil en aiguille, ce furent finalement quarante-quatre duos qui virent le jour, achevés au mois de septembre. Ce nombre outrepassait largement la demande initiale : les époux Doflein n’en intégrèrent qu’une partie au sein de leur méthode, L’École du violon [Das Geigen-Schulwerk], parue en 1932 ; y figuraient également des pièces de Hindemith ou Orff. L’année suivante, l’éditeur Universal publia la totalité, en quatre cahiers. Dans la brève préface à cette édition, l’auteur prévient que l’ordre retenu n’a d’autre raison d’être que la progression pédagogique, et que dans le cadre d’une exécution en concert il convient de réorganiser les pièces selon une logique plus musicale.
À l’exception des nos 35 et 36, tous les duos reposent sur des airs paysans authentiques. Toutefois, alors que les peuples d’Europe centrale utilisent volontiers le violon dans leurs traditions instrumentales, les mélodies choisies par Bartók ont le plus souvent une origine chantée. Le traitement est d’une admirable variété. Les violons s’accompagnent à tour de rôle, divergent, se rejoignent, s’affrontent. Toutes sortes de types d’écriture sont abordés, de la mélodie accompagnée au canon : comme c’est le cas avec l’opus pédagogique majeur de Bartók, les Mikrokosmos pour piano, les Quarante-quatre Duos sont une méthode instrumentale autant qu’une école des styles et des techniques de composition. Dès les premiers duos, les plus simples, Bartók note avec un soin méticuleux les phrasés, les attaques, les nuances, comme pour signifier aux jeunes musiciens que le plus humble des chants populaires mérite la même attention que les plus grands chefs-d’œuvre.
Considérer les arrangements d’airs populaires de Bartók comme des pièces secondaires constituerait un contresens profond. Bartók les tenait lui-même comme des compositions à part entière, au même titre que les chorals de Bach. Seules ces pages permettent de comprendre à quel point, selon les propres dires de leur auteur, la modalité étrange et les rythmes étonnants des musiques populaires le « libérèrent de la règle tyrannique des modes majeurs et mineurs », sésames d’un univers sonore aussi nouveau que fascinant que les œuvres pour piano, les quatuors ou les pièces orchestrales devaient à leur tour explorer et développer.
Claire Delamarche

Claire Delamarche est l’auteur d’une monographie sur Béla Bartók publiée en novembre 2012 chez Fayard.

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