Désenclos, Tomasi, Jolivet

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Eric Aubier - 5  grands concertos Français

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Great French Concertos
1948 - 1956

Alfred Désenclos (1912 - 1971)
Incantation, Thrène et Danse (1953)
1 Incantation 2'45
2 Thrène 5'03
3 Danse 7'56
Edition Alphonse Leduc


André Jolivet (1905 - 1974)
Second concerto pour trompette et orchestre (1954) 
4 Mesto - Concitato 5'01
5 Grave 3'41
6 Giocoso - Piu Mosso 4'11
Edition Heugel


Henri Tomasi (1901 - 1971)
Concerto pour trompette et orchestre (1948)

7 Allegro 7'52
8 Nocturne (andantino) 5'29
9 Final (allegro) 3'06
Edition Alphonse Leduc


Charles Chaynes (1925 - )
Concerto n°1 pour trompette et orchestre (1956)

10 Moderato - Presto 4'13
11 Adagio 5'14 
12 Final (allegro giocoso) 3'00
Edition Alphonse Leduc

André Jolivet (1905 - 1974)
(*) Concertino pour trompette, piano et cordes (1948)
13 9'23
Edition Durand

Eric Aubier, accompagné par Marius Constant ont mis, depuis 20 ans, leur engagement et leur sincérité pour nous transmettre toute la puissance des émotions qui nous transportent irrésistiblement dans la musique de Tomasi, Désenclos, Jolivet ou Chaynes. Le sommet de leur expressivité, signe incontestable d’une forme de romantisme, prend tout son sens dans les mouvements lents de ces concertos.


Etait-il politiquement correct d’écrire de la musique tonale, d’inspirations romantique ou classique, souvent impressionniste, dans la seconde partie du 20ème siècle ? à l’heure ou sérialistes et dodécaphonistes, revendiquaient à tous ceux qui voulaient bien le croire, qu’ils pourraient détenir le monopole de la modernité. En ce début de 21ème siècle, les jeunes compositeurs sont partout de plus en plus nombreux à revenir à une écriture tonale. Pourquoi ?

J’espère que cet album, loin de vouloir trancher la question, apportera (enfin) l’éclairage et l’attention que méritent ces quatre compositeurs, tous Premier Grand Prix de Rome. Ils ont eu le courage, en des temps où ils n’étaient pas soutenus par les élites, politiques, culturelles, et médiatiques, de continuer de croire en la conception d’un art qui s’adresse à l’âme et au cœur, avant tout autre but, sans toutefois renoncer à un langage moderne.

Eric Aubier, accompagné par Marius Constant ont mis, il y a bientôt 20 ans, leur engagement et leur sincérité pour nous transmettre toute la puissance des émotions qui nous transportent irrésistiblement dans la musique de Tomasi, Désenclos, Jolivet ou Chaynes. Le sommet de leur expressivité, signe incontestable d’une forme de romantisme, prend tout son sens dans les mouvements lents de ces concertos, et peut-être tout particulièrement à travers le Nocturne de Tomasi et le Thrène de Désenclos.

Alfred Désenclos, s’exprimait en ses termes en 1956, quand l’on lui demanda de qualifier son art : « je ne suis pas un révolutionnaire ; je ne renie pas le passé sous prétexte de créer l’avenir. Je suis du 20ème siècle et j’emploie le langage moderne… mon inspiration est essentiellement romantique… La musique doit être émotion, expansion. Quand je compose je ne me définis pas un but par avance. Je n’apprécie nullement les tendances dodécaphoniques et sérielles ».

Benoit d’Hau


Par cet enregistrement anthologique Eric Aubier s’est forgé la réputation de véritable ambassadeur de la musique Française. Parcourant les plus grandes scènes internationales depuis 20 ans, il poursuit - dans ces cinq chefs d’œuvre à l’atmosphère unique - sa volonté de pérenniser nos plus grands concertos français. La sensualité expressive de Désenclos, les nuances ravéliennes impressionnistes de Tomasi, l’univers sonore et les rythmes jazz de Jolivet, font de cet album un opus indispensable dans la discographie de l’amateur de musique française.


Parcourant les plus grandes scènes internationales depuis 20 ans, Eric Aubier a fait de sa trompette une véritable ambassadrice de la musique française. Avec ce disque il poursuit sa volonté de pérenniser ce riche répertoire, avec les grands concertos de la période 1948 à 1956. L’atmosphère qui règne dans ces cinq chefs d’œuvre est empreinte d’émotions. La diversité des contrastes et la sensualité du néo romantique Désenclos, les nuances infinies de l’impressionniste Tomasi – si proche de Ravel -, et l’inventivité rythmique et sonore de Jolivet, font de cet album un opus indispensable dans la discographie de l’amateur de musique française.


Concertos français pour trompette 1948-1956

Ces quatre œuvres, toutes apparues depuis 1948, sont représentatives du remarquable répertoire pour trompette de l’Ecole Française du 20ème siècle, dont les heureux prémisses avaient été, au siècle précédent, le Septuor pour trompette, piano et cordes de Saint-Saens et les sonates avec piano de Ropartz (Andante et Allegro), et la célèbrissime Légende de Georges Enesco. L’arrivée décisive du jazz qui réhabilita les Vents solistes. La trompette bénéficia alors de nombreuses pages et souvent rayonnantes de musique de chambre avec piano, dont la Sonate de Hubeau, Rapsodie de Sancan, la Fantaisie de Tournemire, la Sonatine de Françaix, Intrada d’Honegger, Rustiques de Bozza, les Variations de Bitsch, Sarabande et Finale de Gallois-Montbrun, Imprommptu d’Ibert… Ils auront devancé la littérature concertante, légèrement décalée par rapport à celle d’autres instruments à vent comme le saxophone ou la flûte. Ce qui revient à dire que les concertos de trompette, comme ceux qui figurent ici, remontent, eux, aux lendemains de la dernière guerre, y compris la tardive Suite de Florent Schmitt. Claude Delvincourt fut le commanditaire de nombre de ces concertos, sonates et morceaux de concours du CNSM.

Rien de plus dissemblables que les deux concertos pour trompette d’André Jolivet. Le premier, de 1948, était à l’origine avec piano solo, destinéaux concours du Conservatoire. Le second, daté de 1954, optera, au lieu des cordes et du piano, pour une harmonie de chambre limitée à huit vents solistes, et que renforceront un piano, une harpe, une contrebasse à cordes et un dispositif conséquent de percussions, illustrant l’expression incantatoire bien caractéristique du compositeur. La nomenclature rappelle certaines formations de jazz. En cela la disposition « vents/percussions » se distinguent des modèles symphoniques adoptés par tant d’ouvrages concertants qui le précèdent, et notamment du Concerto de piano de Stravinsky, du Concerto de violon de Kurt Weill ou du Premier Concerto de violoncelle de Martinu – tous datés de 1924.

L’écriture du Concerto pour trompette d’Henri Tomasi est de la même veine que ses meilleurs opéras (Don Juan de Manara, Sampiero Corso, L’Atlantide). Récompense suprême pour un compositeur, le Premier Grand Prix de Rome avait été attribuée à Tomasi en 1927. Né à Marseille, et d’origine corse, il a toute sa vie puisé son inspiration dans la contemplation de la Méditerranée. Œuvre maîtresse de son répertoire, ce Concerto pour trompette valorise le soliste, que ce soit par l’emploi des différentes sourdines comme par le recours à d’ingénieuses combinaisons orchestrales soulignant certaines de ses interventions. A titre d’exemple : le halo de la caisse claire qui enrobe la cadence terminale du premier tempo ou encore l’association de la harpe, de la cymbale (roulée) et d’un violoncelle solo au début du poétique Nocturne central doit se dérouler, comme l’indique l’auteur sur la partition « comme un improvisation ». Le Final retiendra, lui, l’attention par sa remarquable continuité rythmique. Composé en 1948, ce concerto fut créé le 7 avril 1949 par son dédicataire Ludovic Vaillant et l’orchestre National placé sous la direction de l’auteur. Ce chef d’œuvre de la musique française est considéré comme le « concerto de Ravel » des trompettistes.

Dédiées toutes deux aux professeurs du CNSM Raymond Sabarich et Eugène Foveau, les œuvres de Charles Chaynes et Alfred Désenclos ont figuré aux concours du Conservatoire, mais seul le Concerto de Charles Chaynes a été spécialement écrit à leur attention.

Issu d’une famille de musiciens, Charles Chaynes commença ses études au Conservatoire de Toulouse – ou il avait vu le jour avant de les parfaire au Conservatoire de Paris, avec, pour couronnement, le Premier Prix de Rome obtenu en 1951 dans la classe de Darius Milhaud. Charles Chaynes sera ensuite lauréat des concours de composition musicale du Prince Rainier de Monaco (1960) et de la ville de Paris (1965) avant de se voir décerner quatre prix de l’Académie du Disque Français et celui de l’Académie Charles Cros pour son opéra Erzsebet, en 1979 cinq ans après avoir été lauréat de la Tribune Internationale des Compositeurs de l’UNESCO. Un tel palmarès pouvait légitimer l’accession de Charles Chaynes à la direction de France-Musique (de 1965 à 1974) avant qu’il ne devienne chef du service de la création musicale à Radio-France.

Daté de 1956, son Concerto de trompette met, naturellement en relief les différentes possibilités de l’instrument aussi bien techniques qu’expressives. L’orchestration, limitée aux cordes renforcées seulement par le piano et la percussion, rend plus particulièrement incisif le
dialogue du soliste et de l’orchestre. Elle répond à souhait au souci de clarté dont témoignent les trois mouvements de ce concerto.

C’est à un véritable concerto que s’apparente le triptyque Incantation, Thrène et Danse d’Alfred Désenclos, dont Raymond Tournesac aura été - comme pour le Second Concerto de Jolivet – le premier interprète (en 1953) au Festival de Vichy – l’orchestre étant, là encore, dirigé par Louis de Froment. Né dans le pas de Calais à Le Portel (il s’éteindra en 1971 la même année qu’Henri Tomasi), Alfred Désenclos devait être admis en 1933, âgé de vingt et un ans, au Conservatoire de Roubaix de 1943 à 1950, il deviendra l’assistant de Simone Plé-Caussade au conservatoire de Paris et le conseiller musical des Editions Durand . Désenclos s’est montré un auto-censeur sévère comme tant d’autres musiciens français dont le nom commence par un D (D comme difficile !) : Delage, Dukas, Duparc, Duruflé, et Dutilleux… Son catalogue ne débute vraiment qu’après son Premier Grand Prix de Rome, et le nombre volontairement limité de ses productions, Désenclos l’explique par l’attention, le soin et la qualité qu’il attachait à ses ouvrages. Le plus ancien est le Quintette pour piano et cordes, et le dernier sa Messe de Requiem. Sa littérature concertante se résume à un concerto pour violon et ce triptyque pour trompette.

De forme classique, Incantation, Thrène et Danse use toutefois du procédé cyclique avec des thèmes exposés – on pourrait dire clamés comme des appels ! - par la trompette dans le premier volet et repris ou développés au cours des suivants. La deuxième partie du Prélude, de caractère tourmenté, contraste avec le Thrène, une émouvante lamentation énoncée par la trompette en sourdine et discrètement soulignée par les cordes. Après un bref dialogue entre le soliste et l’orchestre, la Danse finale débute par une cadence il est fait appel aux registres extrêmes de l’instrument. Puis un 5/8, de tempo modéré, exposé par l’orchestre, annonce cette Danse, proprement dite qui commence rythmée, sans rigueur, voire alanguie, et véritablement sensuelle. Pour finir et dans un mouvement plus animé, des staccati, plus incisifs, débouchent sur un ultime rappel du thème initial s’achevant sur de périlleux contre-ut dièse ponctués fortissimo et avec autorité par le soliste.

© Benoit d’Hau

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