Haydn, Hummel, Mozart, Bach

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Eric Aubier - Concerto classique de trompette

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Comme en témoigne la Bible, la trompette est l’instrument le plus ancien. Dans les temps reculés sa fonction était signalétique – utilisée par les veilleurs notamment - bien avant la période baroque où on lui découvrit des vertus musicales. Les améliorations de la facture instrumentale ont conduit les grands compositeurs du siècle des Lumières à s’y intéresser, phénomène qui s’est renforcé dès la fin du 19ème siècle, pour ériger aujourd’hui la trompette en instrument majeur. Selon le compositeur et théoricien Praetorius du début de l’ère baroque « La trompette est un instrument magnifique lorqu’un virtuose sait la maîtriser avec art ». Parmi les serviteurs exceptionnels qui lui donnèrent ses lettres de noblesse, Gottfried Reiche fut le trompettiste de JS Bach à Leipzig, Anton Weidinger vers 1800, inventeur de la trompette chromatique suscita les concerti de Haydn et Hummel. Au tournant des 19ème et 20ème siècles on retiendra le cornettiste Jean-Baptiste Arban. Les pères de la trompette concertante de la seconde partie du 20ème siècle sont Adolph Scherbaum et surtout Maurice André, qui projetèrent l’instrument au devant de la scène internationale. Depuis les années 90 l’histoire continue avec deux trompettistes exceptionnels : Wynton Marsalis, après avoir exploré le répertoire classique participe à la renaissance du jazz aux USA et le cultive auprès de la jeunesse américaine et Eric Aubier en Europe, contribue largement au développement de la trompette classique et moderne, par son engagement auprès des compositeurs actuels et son implication dans l’enseignement à travers le monde. 

L’art de la trompette « classique », du baroque au romantisme

L’art de la trompette aux 16ème, 17ème et 18ème siècles est directement lié aux musiques de cours des évêques et princes d’Europe centrale, et d’Italie. Les principaux fondateurs de la littérature pour trompette de cette époque furent Torelli à Bologne, Vivaldi à Venise, Haydn (au service du prince d’Esterhazy), Telemann à Hambourg, Stamitz (Manheim), Richter, Gross et Riepel à Fulda, sans oublier Molter (Karlsruhe), Hertel, Endler (Darmstadt), Vejvanovsky (Olmüz en Moravie puis Kromeriz)… et les français Mouret et Delalande à Versailles avec notamment des Musiques de tables pour le Roi soleil.

Ecrit au milieu du 18ème siècle, le concerto pour trompette en ré majeur de Georg Philipp Telemann (1681-1767) pour trompette, cordes et basse continue (ici jouée par un basson) adopte la construction quadripartite du « concerto en forme de suite » plus proche de Corelli que de Vivaldi. Son esthétique générale marque la charnière entre l’ère baroque et la période classique. Le majestueux (et éprouvant) adagio introductif développe un thème Haendelien de caractère pathétique. Les mouvements suivants s’inscrivent dans la tradition polyphonique germanique. Il est encore écrit pour la trompette naturelle dépourvue de piston, dans le registre de clarino, le plus aigu de l’instrument.

Leopold Mozart (1719-1787), assez célèbre à son époque, « ne vit au souvenir de la postérité que pour avoir été le père de son fils » écrivit Albert Einstein. C’est assez injuste au regard de la qualité de certaines partitions, comme ce concerto pour trompette en deux mouvements, extrait de la Sérénade en Ré majeur pour trompette, cor, trombone et cordes, dont les circonstances de la composition restent encore inconnues. On suppose que Mozart l’écrivit pour le trompettiste salzbourgeois de la cour de Schachtner. Situé dans le registre aigu de clarino, l’andante cantabile est particulièrement éprouvant pour le soliste. L’allegro moderato est un thème de polka qui requiert une grande élégance et finesse de jeu, magnifiquement servi par Eric Aubier.

C’est Gottfried Reiche (1667-1734), trompettiste de Bach à Leipzig, fut l’interprète du second concerto Brandebourgeois, composé entre 1719 et 1721 pour honorer la commande de Christian Ludwig, le margrave de Brandenburg. Ce concerto est de style italien dans la forme : trois mouvements « vif-lent-vif », et également inspiré du style français dans la mesure où il met en scène quatre instruments solistes : trompette, hautbois, flûte et violon. La trompette y occupe la place prépondérante.

C'est Anton Weidinger, trompettiste de l'Opéra de la Cour de Vienne, qui fit évoluer le répertoire en même temps que la facture instrumentale. Il mit au point une trompette à clefs en Mi bémol à la fin du 18ème siècle, qui marque l’avènement du chromatisme à la trompette. Weidinger l'améliora en 1801 en la dotant de clés supplémentaires, mais l’instrument restait perfectible et sera rapidement modernisé à nouveau, par l’apport des pistons dès 1813, par un certain Bluehmel. La trompette à clefs n’aura traversé l’histoire des instruments à vent que pendant deux ou trois décennies mais, grâce à la personnalité de Weidinger, aura laissé deux pans incontestables du répertoire classique, les concertos de Haydn et Hummel. 

Le Concerto en Mi bémol majeur Hob. VIIe : 1 de Franz Joseph Haydn (1732-1809) date de 1796 et fut créé à Vienne en 1800. Cette œuvre relativement tardive de Haydn est sa dernière composition purement orchestrale, et fait appel à une formation assez large, celle des symphonies londoniennes. D’une durée légèrement inférieure à quinze minutes, ce qui devait être déjà très éprouvant pour Weidinger à l’époque, ce concerto en trois mouvement débute par une longue introduction orchestrale annonçant l’entrée de la trompette exécutant une gamme chromatique en mi bémol majeur. Haydn alterne ensuite, tout au long de l’œuvre, des passages chromatiques rendus possible par le nouvel instrument, et des séquences de trilles et de notes aiguës typiques de la trompette naturelle. Le mouvement lent présente l’originalité de moduler les tonalités, démontrant que la trompette est devenue aussi souple que la flûte ou la voix.

Les mêmes principes gouvernent le Concerto en Mi majeur de Johann Nepomuk Hummel (1778-1837), composé en décembre 1803 et créé le 1er janvier 1804 à Vienne par Anton Weidinger. Trois mois après la création du concerto pour trompette, Hummel fut nommé comme successeur de son maître Haydn à la chapelle d’Eisenstadt, poste dont il sera remercié en 1811 privilégiant sa carrière personnelle de compositeur à Vienne, plutôt que sa charge à la Cour. Par sa fraîcheur, son inspiration et son expressivité, la musique de Hummel constitue un pont entre Mozart (son premier professeur) et les romantiques Beethoven ou Chopin. Les seconds et derniers mouvements en sont l’illustration. Le profond andante central, magistralement transcendé par le lyrisme d’Eric Aubier, annonce le romantisme. Ce mouvement est comparable à un aria d’opéra où la voix soliste est confiée à la trompette, chantant au dessus d’un discret soutien harmonique et rythmique de l’orchestre. On y retrouve des similitudes avec le concerto pour piano KV 467 en Ut majeur. Le vif Rondo enchaîné est une brillante et caracolante démonstration de voltige où la technique, la brillance et la finesse du jeu d’Eric Aubier viennent contraster avec la profondeur retenue du mouvement lent. La version enregistrée dans cet album a été réalisée sur une trompette un Ut, et dans la tonalité originale de Mi majeur, plus éprouvante et difficile d’équilibre avec les instruments modernes, que la transcription en Mi bémol de la plupart des enregistrements existants de ce concerto. Après 150 ans de sommeil c’est Edward Tarr qui exhuma en 1971 cette partition conservée à Londres. Les annotations du compositeur de plusieurs encres différentes démontrent que, comme Beethoven avec son concerto pour violon, Hummel avait jeté une première version du concerto, puis rédigé la partie soliste définitive après la première exécution.

Benoit d’Hau © 2009

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